Qu’allons nous faire de tout cet argent, Monsieur le Ministre ?

(actualisé le )

Qu’allons nous faire de tout cet argent, Monsieur le Ministre ?
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Le SA-EN a pris sa calculatrice : 400 millions d’augmentation pour un million d’agents. Si l’on considère qu’ils seront répartis également (ce qui ne sera pas le cas) et sans oublier les charges sociales, cela représente environ une vingtaine d’euros par mois et par agent.

Cela ne compense même pas l’inflation sur une année !

Pourquoi cette comparaison ? Parce que le point d’indice est gelé encore cette année et que depuis deux décennies ce gel a fait perdre près de 20% de pouvoir d’achat aux fonctionnaires et particulièrement aux enseignants.

Il n’y a aucun plan pluriannuel de revalorisation !

Le ministre a beau jeu de nous expliquer qu’à un an de l’élection présidentielle, il ne serait pas raisonnable d’inscrire la revalorisation pécuniaire de nos métiers dans le cadre d’un plan pluriannuel. Que n’a-t-il fait les années précédentes ? Que n’a-t-il impulsé lorsqu’il était directeur général de l’enseignement scolaire sous la présidence de Nicolas Sarkozy ?

Encore une fois, pour le SA-EN, il s’agit là d’un effet d’annonce
sans aucune garantie d’inscription dans la durée.

Pendant ce temps, la prime informatique de 150€, qui est nettement insuffisante, n’est accordée qu’à une partie du personnel alors même que tous auraient les critères de la percevoir. La répartition inégalitaire des 400 millions d’euros sera telle que des montants plus importants seront présentés au grand public (rappelons que l’an dernier deux enseignants sur trois n’étaient pas concernés).

Force est de constater que l’effet d’annonce et l’agitation perpétuelle de notre ministre dans tous les médias ne permettront pas de résoudre la tension dans notre branche. En effet, le recrutement est toujours problématique, preuve que ceux qui s’intéressent à la question hésitent encore à franchir le pas de passer les concours d’enseignants.

Et même si l’annonce de la prise en charge partielle des mutuelles complémentaires à hauteur de 15€ par mois est une avancée réelle, pour le SA-EN, elle n’en reste néanmoins que trop timide. Le reste n’est qu’un mirage jusqu’à présent.